Sharin' Grenoble # 2 : concilier activités économiques et intérêt général

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Comment concilier activités économiques et intérêt général ? C'est le questionnement qui a guidé la quatrième édition de Sharin'.
Comme nous l'avons vu dans l'article précédent, Sharin'Grenoble est le fruit d' une réflexion commune menée par des enseignants-chercheurs de Grenoble École de Management, des élus locaux, des professionnels issus de l'Économie Sociale et Solidaire et des entreprises intéressées pour concilier activités économiques et intérêt général, notamment lors de cette quatrième édition qui se déroulait le 5 avril 2019 sur le thème de l'innovation sociale et de la ville de demain.
 
Une table ronde autour de l'innovation sociale
 
Le matin, c'est autour d'une Table Ronde que les différents protagonistes étaient interrogés sur leur rapport à l'innovation sociale. Chacun a pris la parole tour à tour et voilà ce qui en est ressorti : 
 
- Muriel Barnéoud, Directrice Engagement sociétal à la Poste, partenaire de la chaire « Territoires en transitions, vers de nouveaux services aux citoyens », a reconnu que les attentes des usagers n’étaient pas les mêmes qu’il y a quelques années et que la Poste devait s’adapter constamment en proposant de nouveaux services. Pour cela, elle devait à la fois s’appuyer sur l’usager mis au centre de ses préoccupations et de l’autre sur des entreprises ayant un ancrage territorial très fort afin de mieux cerner les besoins et de mieux y répondre.
 
- Pascal Métivier, directeur régional de la Fondation Léo Lagrange et l’un des acteurs historiques de l’Économie Sociale et Solidaire, interrogé sur l’impact de l’ESS dans l’innovation sociale, a rappelé le lobbying très actif de sa fondation dans l’écriture de la loi ESS de 2014, qui malgré des imperfections, a permis une meilleure visibilité et à accéder à des formes hybrides de financement. Face à des défis tels que le réchauffement climatique et la transition écologique, les enjeux dépassent le niveau régional et même national : c'est bien à l’échelle mondiale que cela se joue. Sa fondation va dans ce sens en tissant des partenariats à l’international et à l’avenir, l’objectif serait de travailler ensemble pour répondre aux défis de notre monde en mutation. De part sa vocation d’éducation populaire, l’usager est toujours au centre de la gouvernance. 
 
 - Laurent Pinet, directeur à Ulysse 38, un autre acteur historique de l’ ESS, a rappelé que de par sa vocation de chantier d’insertion et son ancrage territorial très fort, son entreprise se trouve au centre de l’innovation sociale. Cependant, il a pointé les difficultés de financement, a appelé à une hybridation des ressources mais pas des identités propres à chaque structure.
 
 - Bénédicte Potdevin, cofondatrice du réseau Entourages a expliqué que l’objectif de sa start-up était de rétablir le lien social entre les riverains et les personnes sans domicile fixe via une application. L’usager, la personne sans domicile fixe en question, est au centre du dispositif car c’est suite à son choix que les choses se mettent en place ou non. 
 
 
Vers une entreprise au fonctionnement horizontal ?
 
L'après-midi, Thibault Daudigeos, enseignant-chercheur et titulaire de la chaire « Territoires en transition, vers de nouveaux services aux citoyens » à Grenoble École de Management (GEM) animait un atelier "Nouvelles formes de gouvernance". Il part d’un constat : jusque dans les années 2000, il y avait une division verticale du travail. Dans cette configuration, schématiquement le haut de la pyramide décide, et le bas exécute. De nos jours ce modèle est de plus en plus remis en cause sur le plan humain avec l’accroissement de la souffrance au travail, autant que sur les plans de l'environnement et de la productivité. Allons-nous vers une refonte complète du système managérial ?  
 
De nouvelles formes de gouvernance se développent comme les coopératives, les plates-formes et les holacraties ( type de gouvernance basée sur l’intelligence collective). Ces nouvelles formes de gouvernance partagée suscitent cependant de nombreuses interrogations quant à leur mode de fonctionnement notamment la gestion des parcours et des carrières, la place donnée à la créativité , à l’innovation et à la liberté d’entreprendre. 
 
 
Les limites de l’horizontalité...
La question des relations de pouvoir dans une entreprise libérée a aussi été évoquée : comment faire en sorte que tout le monde adhère au projet ? Que fait -on des voix dissonantes ? Plusieurs pistes ont été évoquées comme le fait de formaliser en amont les règles du jeu par l’établissement d’une charte, une formation à ces règles et un travail individuel sur l’ intelligence émotionnelle. Les principales pistes évoquées ont été d'offrir une réelle place à l’usager au sien du système de gouvernance, d’inscrire une chaîne de valeurs, de construire des partenariats et de la transversalité. 
 
Vaste programme... c'est là une démarche que nous continuerons de questionner dans une prochaine série d'articles sur le thème de la gouvernance participative dans le champ de l'Économie Sociale et Solidaire.
 
Jean-Benoît Daille pour Alpes Solidaires
 

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