Les portraits du Mois de l’ESS #1 : l’Adie milite pour que chacun puisse devenir entrepreneur.

Vous avez des idées, l’envie d’entreprendre mais il vous manque l’une des premières étapes pour le grand départ, le capital financier ?
Pour vous donner des pistes qui vous aiderons à vous lancer, nous avons choisi de vous présenter l'Adie, l’Association pour le droit à l'initiative économique, spécialisée dans l’accompagnement à l’entrepreneuriat et qui défend l'idée que chacun peut devenir entrepreneur.
À l’occasion du Mois de l’ESS, la CRESS dresse une série de portraits pour mettre en avant les structures ESS inspirantes qui profitent de cet élan national pour donner plus de visibilité à leur action.
L’Adie, 30 ans d’activisme contre les stéréotypes
En ces temps de (re)confinement, on parle beaucoup du monde d’après mais pour Frédéric Lavenir, président de l’association Adie, au nom évocateur « le monde d’après, l’Adie le prépare depuis 30 ans » ! Depuis sa création en 1989, la structure a pour but de lutter contre les freins et les stéréotypes, en proposant un accompagnement pour que toute personne puisse devenir entrepreneur. Un soutien décisif pour des profils atypiques à qui on donne la chance d’obtenir un prêt et ainsi la possibilité de bâtir un capital de départ.
Sa fondatrice Maria Nowak, est une économiste française reconnue nationalement et au niveau européen pour avoir développé l’accès aux micro-crédits. L’année de création du RMI (remplacé par le RSA), a marqué la genèse de la volonté d’expérimenter le principe du micro-crédit en France, en aidant l’accès au capital de départ aux entrepreneurs les moins solvables aux yeux les banquiers.
 
Dans un entretien avec le directeur de l’antenne Auvergne-Rhône-Alpes, Etienne Taponnier nous confirme que l’ambition première de l’association est de permettre à ceux qui en sont le plus éloignés, l’accès aux prêts et à l’entrepreneuriat, puis d’accompagner le développement de leurs projets. La branche régionale, créée en 1995, qu’il gère aujourd’hui compte 46 salariés et 140 bénévoles recrutés et formés pour fournir les bons conseils à ces chefs d’entreprise en devenir.
 
Apporter un soutien à TOUS les entrepreneurs
Etienne Taponnier défend l’idée que tout le monde peut devenir entrepreneur peu importe l'âge, le diplôme ou la situation sociale. L’association traite majoritairement des dossiers de demandeurs d’emploi ou des personnes sous minima sociaux mais apporte aussi son soutien à de très jeunes entrepreneurs, car « réussir à avoir un prêt bancaire à 20 ans, peut être très difficile ».
 
L’association s’attaque au problème sensible des discriminations. Des discriminations générées par le manque de capital financier ou encore les origines ou le lieu d’habitation. En effet ¼ des clients de l'Adie viennent des quartiers prioritaires de la politique de la ville, c'est pourquoi l’association gère des antennes à Vaulx-en-Velin, Vénissieux, la Duchère dans le 9ème, etc... Elle est donc très présente dans ces quartiers dont la population représente 40% du public accompagné au niveau national.
Pour comprendre ces phénomènes de discrimination, il faut prendre en compte les raisons multiples qui parfois s’accumulent, c’est pourquoi les bénévoles sont recrutés et formés à ces questions, mais aussi parfois à celle de l’interculturalité.
 
Une structure ESS en croissance
Par son statut associatif et la finalité de son mandat qui est de lutter contre le chômage, la pauvreté et les discriminations d’accès au crédit, l’Adie est un acteur majeur de l’Economie Sociale et Solidaire. En 2019, elle a accompagné 2 200 entrepreneurs en Auvergne-Rhône-Alpes et comptabilise un total de 20 000 personnes aidées depuis ses débuts. A l’échelle nationale, ce sont 17 000 créations d’entreprise opérées l’an passé et 170 000 depuis leur création. Niveau finance, ce ne sont pas moins de 10 millions d’euros qui ont été accordés en AuRA en 2019 par des banques mutualistes partenaires de l’Adie, qui affiche par ailleurs une croissance de 15 à 20 % chaque année. Un résultat rendu possible grâce au travail des équipes de l’association mais aussi à la volonté des établissements financiers d’engager une démarche RSE.
 
Au-delà des statistiques, l'association cherche à développer sa communication et sensibiliser sur les problématiques liées à l’entrepreneuriat. Elle travaille en partenariat avec Pôle Emploi, la BGE (Boutique de gestion) ou le réseau Entreprendre, mais leurs meilleurs relais restent les entrepreneurs accompagnés, qui deviennent de véritables ambassadeurs et participent in fine à augmenter la visibilité de l’association.
 
Le "monde de demain" selon l’Adie
Pour l’Adie, la société de demain donnera plus d’importance aux entrepreneurs locaux car 75% des créations d’entreprise sont des entreprises individuelles qui font le maillage économique de proximité. Etienne Taponnier nous explique qu’“on aura de plus en plus besoin de petites unités d’entrepreneurs, comme les artisans en réseau d’entraide”, puisqu’ils répondent eux aussi à l’aménagement du territoire. Ces petites structures permettent de tisser des liens et de maintenir la vitalité du tissu économique, par des circuits courts. Aujourd’hui, il est primordial de faire reconnaître le rôle des entrepreneurs locaux dans toutes les problématiques de relance. Ils font la vie économique des territoires de campagne et les rendent plus dynamiques.
 
D’autre part, les entrepreneurs répondent à un besoin plus global en se lançant dans des activités de passion, qui comptent autant pour eux que pour la société, notamment pour répondre aux enjeux écologiques. Pour Etienne Taponnier, ces entrepreneurs veulent créer "la boîte de leurs rêves “ et ne pas seulement faire un travail qui leur permette gagner leur vie. Ils cherchent à s’investir sur un projet en phase avec eux même et leurs valeurs, un projet qui puisse autant apporter au territoire qu’à l’écologie, par le développement durable ou le manger mieux. Sur cet aspect il estime que "la transition écologique ne se fera pas sans les entrepreneurs locaux, ils y contribueront obligatoirement. Ils seront des parties prenantes des aménagements de demain “.
Cette vision permet de rester optimiste même s’il admet que l’entreprenariat sous le statut d’entreprise individuelle a ses limites. D’ailleurs, l’Adie attend que l’Etat envisage à l’avenir une évolution de ce statut.
 
Venez découvrir l’Adie pendant le Mois de l’ESS 2020 ! 
Le 2, 3, 4 et 5 novembre, participez aux webconférences : “ comment se lancer dans l’entrepreneuriat ? “. Consultez leur programme sur le site du Mois de l’ESS pour découvrir les différents thèmes proposés chaque jour.
 
Pour aller plus loin…
Retrouvez plus d’information concernant l’Adie sur leur site internet : https://www.adie.org/  ou par téléphone au 0969 328 110 (appel non surtaxé) du lundi au vendredi de 8h à 18h.

A propos de l'auteur

Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire Auvergne-Rhône-Alpes.

La Chambre Régionale de l'Economie Sociale et Solidaire d'Auvergne-Rhône-Alpes, le moteur d'une économie responsable

Depuis la loi ESS de 2014, les Chambres Régionales de l'Economie Sociale et Solidaire sont les associations mandatées par l'Etat pour représenter tous les acteurs de l'ESS. Au nombre de 8 réparties sur l'ensemble du

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