Huile de palme bio : Interpellation des acteurs de la filière et des consommateurs

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par Avenue Colombie | Blog
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Huile de palme bio : Interpellation des acteurs de la filière et des consommateurs
Une entreprise colombienne qui s'empare des terres d'une communauté paysanne le plus légalement du monde, quoi de plus banal ? Sauf qu'il s'agit de l'entreprise qui produit la majeure partie de notre huile de palme « bio » alors qu'on nous assure depuis toujours qu'il n'y a pas plus écologique, plus social que ce groupe là.
Qui affirme cela ?
L'importateur bien sûr, puis le certificateur Ecocert , des transformateurs et les distributeurs dont un se distingue haut la main : Biocoop ! Eh oui, le « premier réseau de magasins bio » a courageusement pris la tête de la « contre-révolution » pour voler au secours de son producteur colombien Daabon sur qui, nous et quelques vilaines ONGs de Colombie, nous nous acharnons injustement. Il est vrai que Daabon n'a été reconnu coupable et condamné que pour quelques pécadilles : détournement de rivière et destruction de sa ripisylve, déversement d'huile de palme dans une baie cruciale pour une petite communauté de pêcheurs, détournement de fonds destinés aux petits paysans et finalement spoliation des terres d'une communauté de 123 familles de paysans grâce à la corruption et à la violence.
 
Et tout ça pour faire quoi ?
Des plantations de palmiers à huile pour produire des agro-carburants et alimenter l'usine toute neuve, la plus grande d'Amérique du sud. Venant de Colombie tout cela peut paraître normal, mais bon gré mal gré l'affaire concerne maintenant l'ensemble de la communauté « bio » française qui doit faire face à ses contradictions. Chacun sait que Biocoop est radicalement opposé à la transformation des terres agricoles en usine d'agrocarburants... mais pas en Colombie semble-t-il, surtout si le même producteur se rachète une bonne conscience en produisant de l'huile de palme, des bananes et du café bio. Après tout, c'est à cela que servent les labels en tous genres : blanchir ou plutôt verdir l'ensemble de la production de n'importe quel industriel. La crise n'est pas seulement économique, elle est aussi morale, ce qui a au moins le mérite de faire tomber les masques.
  
Que faire ?  
Réagir bien sûr, car accepter cette huile de palme bio aujourd'hui c'est faire le lit des agrocarburants que l'on nous présentera demain comme les fleurons du développement durable.
 

 

Pour vous informer sur cette affaire et réfléchir à ses conséquences ici et là-bas :

Blog: http://avenuecolombie.wordpress.com

N° 384 (novembre 2010) de la revue Silence

Projet de livre en souscription sur les dérives du bio-business : http://www.alterravia.fr

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